L’hébergement est ce dont les riders doutent le plus et qu’ils osent le moins demander. Voici donc la version sans fard — y compris les aspects réellement rudimentaires.
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Un gîte est une maison de famille, dans un village de montagne, qui reçoit des hôtes payants. Ni un hôtel, ni une auberge de jeunesse, ni une maison d’hôtes au sens européen. Vous dormez dans une chambre simple chez quelqu’un, vous mangez ce que la famille cuisine, et vous partagez une salle de bains. C’est la plus belle partie d’un séjour de plusieurs jours ici, et c’est aussi celle qui inquiète le plus : voici donc le tableau complet.
Le bâtiment
La plupart des gîtes du Haut Atlas sont construits comme tout se construit ici : en pisé, cette terre damée par couches dans un coffrage de bois, ou en brique de terre sur un soubassement de pierre. Les murs sont épais, les fenêtres petites, les plafonds bas, et l’ensemble reste remarquablement frais en été et retient étonnamment mal la chaleur en hiver.
À l’intérieur, attendez-vous à un enduit peint, un salon commun avec des banquettes le long des murs, des tapis à motifs, et une table basse ronde autour de laquelle tout se passe. Il y aura une terrasse, et c’est la terrasse qui aura la vue. C’est là que vous passerez la soirée.
La chambre
Chambres doubles ou triples en standard, parfois une chambre commune de type dortoir dans les plus petits gîtes. Matelas en mousse sur un sommier bas ou à même le sol, épaisses couvertures de laine, draps propres. Dépouillé. Une chambre ici sert à dormir, pas à s’asseoir, parce que c’est au salon que l’on s’assoit.
Les chambres individuelles sont généralement disponibles moyennant un supplément, mais dans les plus petits villages elles peuvent réellement ne pas exister. Nous vous préviendrons avant la réservation si une nuit précise de votre itinéraire ne peut pas en proposer.
Sanitaires et eau chaude : la partie honnête
Les salles de bains sont généralement partagées et elles sont fonctionnelles plutôt qu’agréables. Attendez-vous à des toilettes à l’occidentale dans la plupart des gîtes que nous utilisons, même si des toilettes à la turque existent encore dans les plus petits. Emportez votre papier toilette par habitude : il est souvent fourni, et parfois non.
L’eau chaude existe mais elle est limitée. Elle est généralement chauffée par une bouteille de gaz ou un panneau solaire, ce qui signifie que les deux premiers à se doucher ont une douche chaude et que le cinquième, peut-être pas. Sur un séjour à vélo où tout le monde arrive poussiéreux en même temps, c’est une contrainte réelle. Nos guides organisent un ordre de passage, et il est judicieux d’être celui qui propose de passer en dernier le premier soir et en premier le deuxième.
Certains gîtes ailleurs dans l’Atlas facturent un ou deux euros la douche chaude. Sur nos séjours, c’est compris. On ne vous demandera pas d’argent pour vous laver.
La cuisine, qui est le meilleur de tout
Le dîner est préparé par la famille, généralement par les femmes de la maison, et c’est systématiquement la meilleure table du séjour. Un tajine — poulet au citron confit et aux olives, agneau aux pruneaux et aux amandes, ou un tajine de légumes — cuit lentement dans un plat en terre sur le gaz ou le charbon. Du pain cuit le jour même. Une soupe d’abord s’il fait froid. Des fruits ensuite.
Le vendredi, c’est souvent le couscous, qui est le repas familial de la semaine plutôt qu’un plat pour touristes. Si votre séjour comprend un vendredi dans un village, vous avez droit à quelque chose qui relève vraiment de l’occasion domestique.
Les végétariens mangent extrêmement bien ici — la cuisine marocaine regorge de plats de légumes qui ne sont pas des compromis. Les intolérances au gluten et les allergies sévères aux fruits à coque demandent plus de préavis, car le pain et les amandes sont structurels dans cette cuisine et nous informons chaque maison individuellement. Dites-le-nous à la réservation, pas le jour même.
La soirée
Il n’y a rien à faire, et il se trouve que c’est tout l’intérêt. Pas de bar, pas de wifi digne de ce nom, pas de télévision dans la plupart. Ce qui se passe à la place, c’est qu’un groupe de riders dispersés toute la journée le long d’un sentier se retrouve dans une même pièce, et la conversation y est meilleure qu’elle ne le serait dans n’importe quel endroit offrant une distraction.
Puis le groupe électrogène s’arrête, il fait extrêmement noir et extrêmement silencieux, et vous dormez à neuf heures et demie. Les riders citent systématiquement cela comme ce qu’ils ne s’attendaient pas à retenir.
Les usages qui comptent vraiment
- Chaussures retirées à la porte du salon. Toujours. Observez ce que fait votre guide.
- Mangez de la main droite si vous mangez dans un plat commun. La gauche est considérée comme impure.
- Mangez dans la portion du plat située devant vous plutôt que de piocher au milieu.
- Demandez avant de photographier quelqu’un, en particulier les femmes. Un appareil braqué sur la famille de quelqu’un, chez elle, n’a rien à voir avec un appareil braqué sur un paysage.
- Habillez-vous sobrement dans et autour de la maison — épaules et genoux couverts. La tenue de vélo convient sur le vélo ; changez-vous en arrivant.
- L’alcool ne fait pas partie de la vie villageoise et n’est pas servi. En apporter dans une maison de famille est de mauvais goût. Prenez un verre à Marrakech à la fin.
À qui va l’argent
Cela mérite d’être dit clairement, car c’est l’argument le plus fort en faveur de ce type d’hébergement plutôt qu’un hôtel de montagne. Quand vous dormez dans un gîte, le paiement revient au foyer qui le possède. La cuisinière est un membre de cette famille. La nourriture a été achetée pour l’essentiel dans la vallée. Le muletier, si votre itinéraire utilise des mulets, habite le village d’à côté.
Les petits groupes comptent ici pour la même raison. Un village de deux cents habitants peut absorber six riders d’une façon qu’il ne peut pas absorber soixante, et l’écart entre ces deux chiffres est la différence entre un tourisme qui soutient une vallée et un tourisme qui l’engloutit.
Faut-il s’inquiéter ?
Si votre référence est l’hôtel, un gîte vous décevra sur les sanitaires et vous enchantera sur tout le reste. Si vous avez déjà dormi en refuge de montagne quelque part dans le monde, c’est plus confortable que la plupart d’entre eux et la cuisine y est nettement meilleure.
Si vous tenez réellement à une salle de bains privative et à de l’eau chaude fiable chaque nuit, dites-le et nous construirons un séjour autour de maisons d’hôtes et de petits hôtels à Ouirgane et Imlil. C’est une préférence légitime et nos séjours privés et sur mesure existent en partie pour cela. Mais nous suggérerons gentiment une nuit en gîte, parce que c’est la nuit dont vous parlerez ensuite.
Questions fréquentes
Y a-t-il du wifi dans les gîtes ?
Parfois, et il est généralement lent. Les données mobiles fonctionnent dans la plupart des vallées que nous roulons, mais pas toutes. L’Azzaden est irrégulier et le haut Imenane peut couper entièrement. Considérez un séjour de plusieurs jours comme du temps hors ligne et prévenez vos proches à l’avance.
Puis-je recharger téléphone, lampes et GPS ?
Oui, mais les prises sont limitées et le courant peut n’être disponible qu’à certaines heures. Emportez une batterie externe et un adaptateur européen à deux broches. Si vous êtes en VAE, nous chargeons les batteries. C’est notre problème, pas le vôtre.
Quelle température fait-il la nuit ?
Plus froid qu’on ne l’imagine. Les gîtes de montagne se situent entre 1 400 et 1 800 m et une nuit de printemps ou d’automne peut approcher zéro même après une journée à 25 °C. Les couvertures sont fournies, épaisses et chaudes. Emportez un sous-vêtement technique pour dormir en mars, avril, octobre et novembre.
Les gîtes conviennent-ils aux familles avec enfants ?
Tout à fait. Les foyers marocains ont l’habitude des enfants et les vôtres seront entourés avec plus de chaleur que dans n’importe quel hôtel. La salle de bains partagée est la seule vraie considération.




